ILS CREUSAIENT JUSTE UN TROU… ET QUELQUES MINUTES PLUS TARD, ILS SE TROUVAIENT DEVANT UN TRÉSOR QUE PERSONNE N’AURAIT JAMAIS DÛ VOIR

Le soleil brûlait le désert comme une flamme suspendue dans le ciel. L’air tremblait sous la chaleur, le sable mordait la peau, et le vent soulevait des tourbillons secs, comme s’il voulait les chasser loin de cet endroit.

Ils n’étaient pas venus pour la gloire, ni pour des légendes oubliées. Leur but était simple : creuser un puits sommaire pour atteindre une ancienne canalisation dont parlait un vieil habitant de la région. Pas de carte au trésor. Pas de promesse de richesse. Seulement deux pelles, quelques gourdes d’eau et l’espoir de gagner un peu d’argent.

L’un des hommes essuya son front couvert de sueur.

— Encore trente minutes… et on rentre. Il n’y a rien ici.

L’autre enfonça sa pelle une nouvelle fois dans la terre durcie.

Soudain, un bruit sec fendit le silence.

Clang.

Les deux hommes se figèrent.

— Tu as entendu ?!

— Ce n’était pas une pierre…

Ils tombèrent à genoux et commencèrent à dégager le sable avec leurs mains. Couche après couche, quelque chose de plat apparut sous la poussière.

Une dalle de pierre.

Immense. Lourde. Gravée de symboles inconnus. Sur les côtés, deux visages sculptés semblaient observer ceux qui osaient approcher.

— On devrait reboucher et partir… murmura le premier.

— Pas avant d’avoir regardé dessous.

Ils glissèrent un levier sous la dalle. Elle résista longtemps, puis se souleva enfin dans un grincement terrible.

Un souffle glacé monta des profondeurs.

Pas une simple fraîcheur.

Le froid d’un lieu où la lumière n’était jamais entrée depuis des siècles.

Sous la pierre apparaissait un escalier étroit.

Ils échangèrent un regard.

— On devrait appeler quelqu’un…

— Et partager ce qu’on trouvera ? Descends.

Ils allumèrent leurs lampes et commencèrent à avancer.

Les marches de pierre s’enfonçaient dans l’obscurité. Les murs étaient couverts de dessins étranges : des silhouettes masquées, des hommes levant les bras vers le ciel, un soleil barré d’un cercle noir.

— Je n’aime pas ça…

— Continue.

L’air devenait lourd. Chaque pas résonnait derrière eux, comme si quelqu’un les suivait à distance.

Ils se retournèrent brusquement.

Personne.

Seulement les ténèbres.

Enfin, l’escalier prit fin.

Devant eux s’ouvrait une salle gigantesque. Le faisceau de leurs lampes n’atteignait pas le fond. Quand la lumière balaya les premières colonnes, leurs respirations s’arrêtèrent.

De l’or.

Partout.

Des statues humaines grandeur nature. Des animaux recouverts de métal précieux. Des masques incrustés de rubis. Des coffres remplis de pièces. Des colliers, des couronnes, des chaînes, des pierres précieuses.

Tout semblait intact.

Comme si les propriétaires venaient de partir la veille.

— On est riches… souffla le premier.

L’autre ouvrait déjà un coffre.

À l’intérieur, des gemmes de toutes les couleurs étincelaient comme des étoiles.

— C’est impossible…

— Prends tout ce que tu peux !

Ils remplirent leurs sacs à la hâte. Les pièces tombaient au sol, l’or tintait dans le silence.

Puis un bruit surgit du fond de la salle.

Un pas.

Lourd.

Unique.

Ils s’immobilisèrent.

— C’était toi ?

— Je n’ai pas bougé…

Un deuxième pas.

Plus proche.

Les lampes tremblaient dans leurs mains. Ils dirigèrent la lumière vers l’ombre.

Rien.

Troisième pas.

Puis un quatrième.

Lent. Régulier. Sûr.

Comme si quelque chose savait déjà qu’ils n’avaient aucune issue.

— Qui est là ?! cria l’un d’eux.

Aucune réponse.

Seulement un autre pas.

Et soudain, les murs s’illuminèrent.

Des centaines de flammes bleutées jaillirent dans des vasques de pierre, éclairant toute la salle.

Alors ils la virent.

Entre les colonnes se tenait une silhouette immense, immobile, portant un masque d’or.

Trop immobile pour être humaine.

— Cours… murmura le premier.

Le second resta figé.

La silhouette releva lentement la tête.

Sous le masque, deux yeux brillèrent.

Vivants.

Un pas.

Puis elle commença à avancer vers eux.

Ils hurlèrent et prirent la fuite. Les sacs pleins d’or tombèrent au sol, les pièces roulèrent partout. Ils grimpèrent les marches en trébuchant, se blessant aux mains, suffoquant de peur.

Derrière eux résonnaient toujours ces pas.

Lents.

Sans jamais accélérer.

Comme si la peur courait à sa place.

Ils surgirent enfin à l’air libre et s’écroulèrent dans le sable brûlant.

Le soleil brillait toujours, indifférent.

— Referme ! Vite !

Ils repoussèrent la dalle de toutes leurs forces et la recouvrirent de sable avec leurs mains et leurs pelles.

Puis ils s’enfuirent.

Le soir même, une tempête de sable engloutit toute la zone.

Le lendemain, ils revinrent avec d’autres hommes, du matériel, des cordes et des cartes.

Mais il n’y avait plus rien.

Ni trou.

Ni dalle.

Ni traces.

Comme si le désert avait effacé jusqu’à leur mémoire.

L’un des deux ne reparla jamais de cette journée. L’autre passa des années à chercher l’entrée disparue.

Avant de mourir, il répétait toujours la même phrase :

— Nous n’avons pas trouvé un trésor… nous avons réveillé le gardien.

Et vous… oseriez-vous redescendre une seconde fois ?

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